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Par : Webmaster
Publié : 22 juin 2016

Les élèves de 4ème1 auteur de deux nouvelles

SANG POUR SANG NOIR, un recueil de nouvelle noires écrites par des collégiens du Morbihan
Les élèves de 4ème1 du collège Romain Rolland de Pontivy sont impatients de découvrir le recueil de nouvelles noires : SANG POUR SANG NOIR. Et pour cause ! Ils sont l’auteur de deux nouvelles parmi les 40 publiées : VDM et Carton rouge. Chacun reçoit avec émotion son exemplaire !
Cet ouvrage est le fruit d’un travail d’écriture d’une année scolaire dans le cadre de la 2ème édition de l’opération « Polars et nouvelles noires », organisé par le département du Morbihan. Pour les accompagner et les guider dans ce travail de création, ils ont eu la chance d’être parrainés par l’écrivaine Catherine Latteux, qui est venue 4 fois au collège. Grâce à elle, les élèves de 4ème 1 ont découvert l’acte de création littéraire ; ils ont vécu l’écriture et la réécriture comme une aventure incertaine parfois, mais au final tellement gratifiante !
Avant de se lancer dans le travail d’écriture les élèves ont lu des nouvelles noires pour définir le genre. Ensuite Catherine Latteux les a invités à construire des réseaux de mots à partir de deux illustrations. Cette année, ce sont les dessinateurs Emma Burr et Sébastien Lamart qui ont proposé les illustrations retenues. Enfin le travail d’invention et d’écriture a pu commencer ; et c’est collectivement que les deux nouvelles de la classe ont été rédigées. Écrire, lire, réécrire, relire, corriger, améliorer, supprimer, ajouter, préciser … autant de verbes qui ont pris du sens cette année dans ce projet propice aux apprentissages !
Ci-dessous vous trouverez les deux nouvelles des 4ème1


CARTON ROUGE

Elle avait raison, j’aurais dû écouter ma mère qui m’interdisait d’y aller.

-T’es énervant Marc, tu l’as envoyé de l’autre côté ! Arrête de tirer comme un bourrin !

On escalade le mur. On découvre un vieux jardin tout en friche où sont éparpillés quelques jouets d’enfants et quelques vieux ballons. Ne trouvant rien, on décide de faire demi-tour. Tout à coup, une voix :

-C’est ça que vous cherchez, les gosses ?

On se retourne et on découvre un vieux monsieur tenant le ballon dans sa main. On s’approche.

-Vous aimez le foot ? J’ai une grande collection de ballons dédicacés ! Ça vous dirait que je vous les montre ?

-Mais Enzo ! On n’a pas le droit !

-T’inquiète, ce sera pas long !

Quand on arrive dans la maison, on remarque qu’elle est presque vide. Le petit vieux nous laisse à peine le temps de réfléchir qu’il nous dit :

-Ma collection se trouve dans la cave. Attendez-moi ici, le temps que j’aille chercher la clé.

La pièce est sombre et sinistre. On est un peu inquiets. L’homme revient et nous conduit près d’une porte.

Il l’ouvre. Nous pousse ! Nous dévalons les escaliers en criant ! Lui gueule :

-Dites bonjour à vos nouveaux copains.

La porte claque.

Je suis terrorisé. Je ne vois rien. Soudain je pense à mon téléphone. J’essaie d’appeler ma mère. Pas de réseau. Je lève la tête. Horreur ! A la lumière du téléphone : du sang, des instruments tranchants, piquants, des bocaux, Et dans les bocaux, des mains, des yeux, des pieds… d’enfants.

J’aurais pas dû écouter Enzo ! Pardon maman !












VDM

Une à une. Comme une automate. Je vide les boites que j’ai accumulées, mois après mois. Duloxetine. Tranepline. Nulcipar. Lexomil….

Je pense à ma vie. Le départ de mon père. La mort de ma mère. Le placement en familles d’accueil. Fugues. Petits boulots. Chômage. Ces fichues démarches pour trouver un nouveau boulot. Les factures non payées, accumulées. Dépression. Le pire, la venue de l’huissier. Il a tout pris dans mon appartement. J’en ai marre de cette vie, de toutes ces galères. Je dois en finir !

Un à un, j’avale les comprimés.

Soudain le téléphone sonne et résonne dans mon appartement vide. Encore une mauvaise nouvelle. Je ne décrocherai plus. Allez-vous faire foutre !

 Allongée sur mon matelas, j’attends maintenant la mort. Il ne me reste plus que ça !

Le téléphone arrête de sonner. Message sur le répondeur. Déjà dans les vapes, je n’entends que les premiers mots :

« Maître Orphant à l’appareil. Pouvez-vous me rappeler pour convenir d’un rendez-vous ? Vous avez hérité de… »

Si j’avais su….