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Publié : 10 mai 2009

Jeudi 30 avril

Le métier de conducteur de car

Découverte du monde professionnel


Monsieur Gilles Foulgoc , 46 ans, nous présente son métier


Ma formation
Après la 3ème j’ai suivi une seconde technologique au lycée Lesage de Vannes, puis une première F1 (génie mécanique). Mais cette spécialité ne me plaisait pas et j’ai décidé de me réorienter en section BEP-CAP conducteur routier à Guer Coëtquidan. Cette formation m’a amené au métier de chauffeur routier en 1981, à l’âge de 18 ans.


Mon parcours professionnel
De 1981 à 1983, j’ai conduit un camion pour effectuer du transport de marchandises.
Après mon service militaire je suis entré dans l’entreprise Le Beller pour cette fois-ci être conducteur de car. Je suis resté dans cette entreprise pendant 16 années.
En 2002 j’ai repris les études auprès de l’AFPA (Association nationale pour la formation professionnelle des adultes) et j’ai pu ainsi valider le niveau Bac + 2.
Aujourd’hui, je suis moi même formateur dans le domaine du transport à l’AFPA de Loudéac.


Le transport de voyageurs
Le transport de voyageurs s’articule autour de trois axes :

- Le ramassage scolaire
Les horaires de travail sont le matin de 6h30 à 9h et le soir de 16h à 18h.
Il s’agit donc le plus souvent d’un travail à temps partiel. Les chauffeurs doivent effectuer au moins 550 heures par an. C’est la raison pour laquelle on trouve de plus en plus de femmes.
Les vacances sont évidemment calées sur les congés scolaires.

- Le transport urbain et interurbain
Il s’agit de permettre le déplacement des citadins à l’intérieur des villes comme Pondibus à Pontivy ou Bibus à Brest. Les chauffeurs effectuent alors 32 heures de travail par semaine. Il y a plusieurs équipes qui se relaient en permanence pour assurer un service tout au long de la journée.
La durée des vacances est de 5 semaines.

- L’occasionnel
C’est par exemple le transport des supporters pour assister à un match de foot, le déplacement d’une classe pour un voyage scolaire en Angleterre, la prise en charge d’un groupe pour un circuit touristique en Italie ...
Les chauffeurs n’ont pas d’horaires définis, il peuvent partir à tout moment et pour une durée indéterminée.
La durée maximale de conduite est de 10 heures par journée avec 4h30 maxi d’affilée le jour et 3h maxi d’affilée la nuit.
Ils effectuent en général 1600 heures de travail par an et peuvent assurer au maximum 130 heures supplémentaires.
Le temps de travail étant annualisé, les vacances peuvent durer jusqu’à 10 semaines si on compte la récupération des heures supplémentaires.


Les compétences nécessaires
Il y a quelques années, un conducteur devait avoir de solides compétences techniques pour entretenir son véhicule, et éventuellement être capable de le dépanner.
Aujourd’hui c’est l’aspect relationnel qui est mis en avant.
Dans le transport urbain le conducteur ne s’occupe plus de la technique mais il doit communiquer, il doit être capable de gérer les relations humaines avec ses voyageurs et parfois il est amené à apaiser les tensions, les conflits.
Dans le transport scolaire le conducteur joue également un rôle de pédagogue, il explique les règles, montre l’exemple, les bons comportements.
Dans l’occasionnel il doit être apte à gérer un groupe, à prendre des décisions, à faire face à l’imprévu et à s’adapter. La maîtrise d’une langue étrangère est très appréciée. Remarquons que dans l’Europe actuelle la langue la plus parlée est l’Allemand.


Les conditions de travail
Le conducteur a la responsabilité d’un nombre important de passagers. Il veille constamment à leur sécurité. C’est un stress important qu’il doit savoir gérer.
Dans le transport urbain 80% des accidents ont lieu à l’arrêt du bus. Lors de la descente un passager peut se tordre le pied ou se faire renverser par un autre véhicule.
Autre source de pression : le respect des horaires. Il est important que les clients arrivent à temps pour prendre leur correspondance.
La demande du titre de transport est parfois un moment de tension et d’agressivité. Les manques de civilité sont monnaie courante. Il y a déjà eu 45 agressions à la CTRL de Lorient pour cette année.
Oui le métier est difficile et on dénombre de nombreux arrêts de travail.
Face à la montée de l’insécurité, le métier a évolué. On trouve maintenant des systèmes de vidéo surveillance à l’intérieur des bus. Le poste de conduite est isolé par une cabine vitrée, un bouton d’appel d’urgence permet d’alerter le PC et les forces de l’ordre.
La contrepartie est l’isolement du conducteur qui peut vivre difficilement cette solitude.

Le transport occasionnel est lui très riche en relations humaines. Le conducteur va cohabiter plusieurs jours avec son groupe de voyageurs. Il découvre des régions, des pays, des gens, des cultures .... C’est pour les esprits curieux un formidable moyen d’exploration.
Mais cela se fait bien entendu au détriment de la vie familiale.


La place des femmes
Elle est importante dans le scolaire ( 50%) et dans l’urbain (40% sur le réseau de St Brieuc).
Par contre l’occasionnel est assuré à 95% par des hommes.


Un grand merci à Giles Foulgoc pour ses talents de communicateur. Il a su nous faire vivre sa passion pour son métier. Sa grande expérience du transport occasionnel lui a apporté une vie riche en découvertes géographiques et humaines.