Vous êtes ici : Accueil > Archives > Découverte professionnelle > Le métier de couvreur
Publié : 21 novembre 2009

Mardi 6 octobre

Le métier de couvreur

Découverte du monde professionnel

Cette année, nous participons pour la troisième année consécutive à l’opération BIBA (Bravo l’industrie, Bravo les Artisans).
Mais, contrairement aux années précédentes, nous allons nous intéresser plus particulièrement aux artisans.

Nous avons sollicité Monsieur Pierre-Yves Rio, couvreur à Malguénac.
Et nous avons découvert que chez les Rio, la couverture c’est une histoire de famille.

Le mardi 6 octobre Pierre Rio est donc venu au collège accompagné de sa fille Aline.
Laissons les se présenter ...


  Pierre-Yves Rio : Artisan couvreur

Ma scolarité :
J’ai suivi le collège jusqu’en classe de 4ème. Mais je n’étais pas doué pour les grandes études.
Je suis ensuite entré au LEP de Pontivy (lycée du Blavet) section couverture.
Mais au bout de la première année, à 16 ans, j’ai abandonné pour aller travailler comme opérateur dans une usine de fabrication d’aliment.
J’ai ensuite suivi une formation accélérée à l’AFPA (Association nationale pour la formation professionnelle des adultes ) de 6 mois qui m’a permis d’obtenir un CAP de couvreur.

Ma motivation :
Depuis tout petit j’aime être dehors, grimper dans les arbres, être en hauteur.
Un jour, un voisin m’a dit « toi tu fera un couvreur ».
Et ça m’est resté dans la tête, j’ai toujours pensé que je serai couvreur.

Mon parcours professionnel :
J’ai d’abord travaillé pendant 4 ans comme couvreur chez un artisan de Guéméné sur Scoff qui employait 5 ouvriers.

Je me suis ensuite installé à mon compte. Je travaillais en tandem avec un autre artisan plus âgé que moi et qui avait une grande expérience professionnelle. Il n’est pas aisé pour un couvreur de travailler seul, certaines opérations nécessitent d’être deux. Cette organisation nous convenait donc parfaitement et elle m’a permis de consolider ma connaissance du métier.
Cette première expérience d’entrepreneur a durée 10 ans.

Mais des problèmes de santé m’ont amenés à quitter le métier. Mes genoux me faisaient souffrir ainsi que mon dos. De plus la conjoncture dans le bâtiment était mauvaise, il y avait peu de travail. 

Alors je n’ai pas insisté et je suis retourné en usine, à Linpac.
Linpac est une grande entreprise qui fabrique du film plastique alimentaire.
Entré comme simple opérateur de ligne, je suis devenu adjoint au chef d’équipe.
Mais au bout de 10 années, le travail était trop monotone pour moi, j’avais fait le tour du métier, je m’ennuyais, j’avais besoin d’action, de grand air ...

Et j’ai repris le métier de couvreur.
D’abord comme ouvrier pour reprendre la main, pendant un an, dans une entreprise qui employait 4 ouvriers, dont ma fille qui faisait son apprentissage en couverture.

En 2003 je créé à nouveau mon entreprise et j’embauche ma fille qui venait d’obtenir son CAP de couvreur.


  Aline Rio : Couvreur, salariée dans l’entreprise de son père

Ma scolarité au collège a été difficile. Je ne suis pas faite pour les longues études...
En classe de 3ème j’ai suivi un stage de 15 jours dans une entreprise de couverture.
Ce stage m’a plu. Je me suis donc orientée au lycée professionnel du Blavet en section CAP couvreur. Mais là encore, l’enseignement ne me convenait pas car le travail se fait en classe, sur des maquettes. Il n’y a que 2 mois de stage en entreprise. J’ai donc décidé de suivre la seconde année de formation en apprentissage au CFA (Centre de Formation des Apprentis) de Vannes. Je travaillais donc en entreprise sous la responsabilité du patron, mon maître de stage.
Et c’est dans cette entreprise que j’ai retrouvé mon père, employé comme couvreur.

L’année suivante, titulaire du CAP, j’étais embauchée par mon père qui décidait de s’installer à son compte comme artisan couvreur.

Cela fait maintenant 6 ans que nous travaillons ensemble.

Quand on me demande pourquoi je suis devenue couvreur, j’ai bien du mal à répondre, je ne sais pas vraiment... Petite, quand mon père me faisait monter à l’échelle, j’avais très peur, je tremblais. Ce n’est que progressivement que j’ai appris à aimer voir les paysages d’en haut.
Je ne me suis pas rendu compte que petit à petit le métier de couvreur devenait ma passion.

Pourtant ce n’est pas toujours un métier simple pour une fille. A l’école j’étais la seule fille sur 800 élèves. C’est vous dire si le milieu du bâtiment est un monde d’homme et la mentalité encore très machiste.
Au début, c’était assez difficile de se faire accepter. Mais maintenant que les gens me connaissent tout se passe très bien, on se rencontre souvent le midi, au restaurant.

Le couvreur n’a pas besoin de porter de lourdes charges, mais les positions de travail ne sont pas toujours très confortables et je rencontre souvent mon ostéopathe pour me remettre le dos en place.

Et pourtant j’aime ce métier ....


  Florence Rio : Femme d’artisan

Florence Rio exerce la profession d’aide ménagère.

Mais elle est aussi femme d’artisan.
Et son rôle dans l’entreprise familiale est loin d’être négligeable.
Elle est bien sur le soutien moral mais elle participe aussi très activement à la bonne marche de l’entreprise. Elle aide à la rédaction des devis, à la facturation.
Et lorsqu’il y a urgence, elle participe au chargement du camion, à l’alimentation du chantier ....



  Le métier de couvreur

Le couvreur intervient à la suite du charpentier, lorsque les fermes et les panes sont posées.
Il a pour mission d’assurer l’étanchéité de la toiture, de mettre le bâtiment hors d’eau.

Pour une couverture traditionnelle, le travail du couvreur consiste à :


- poser les chevrons

- poser la volige

- tracer la volige

- poser les gouttières

- poser les ardoises

- traiter les raccords de toiture (arêtier, noue, solin)


Les principaux outils du couvreur :


- Le marteau qui permet de :
 - Pointer (les crochets, les clous)
 - Percer (les ardoises)
 - Tourner (les crochets)
 - Arracher (les clous)
 - Tailler (les ardoises)


- L’enclume pour tailler les ardoises


- La cisaille pour découper le zinc


- Le fer à souder pour assembler les éléments en zinc de la gouttière.

Les machines

- La clouteuse pour pointer les voliges

- Le monte charge pour amener les ardoises sur toit

- La cisaille à ardoises pour couper les ardoises en deux

Les éléments de sécurité

- L’échafaudage

- Le harnais

- Les chaussures de sécurité

- Les gants

La technique de pose des ardoises
Il y a de nombreuses dimensions d’ardoises différentes.
Considérons une ardoise courante qui mesure 27 cm * 15 cm et qui a une épaisseur d’environ 2,5 mm.
Il en faut 60 pour couvrir 1 m².




Les horaires de travail :
Ca dépend de la météo, mais en général :
Le matin de 8h à 12h
L’après-midi de 13h30 à 17h30.
Soit 8 heures par jour, pour obtenir 40 heures par semaine.
L’été si il fait trop chaud, il faut adapter les horaires, commencer plus tôt le matin, continuer plus tard le soir.

Les salaires :
Un ouvrier commence au smic (Salaire minimum interprofessionnel de croissance) qui est de 1 337,70€ (Smic mensuel brut en euros pour 151,67h de travail) soit en net : 1 050,63 EUR.
Ce salaire augmente progressivement avec l’ancienneté et l’expérience professionnelle.
Un bon ouvrier qualifié gagne environ 1500 € net.


Les évolutions du métier :
L’utilisation généralisée du monte charge a rendu le travail du couvreur moins pénible, il ne doit plus transporter de lourds paquets d’ardoises sur le toit.
De nouveaux matériaux de couverture sont utilisés comme le bois ou le PVC. Il faut donc se former à de nouvelles techniques de pose.
La chambre des métiers organise des stages de formation.

Nous voyons de plus en plus de maisons d’architecte avec des formes de toiture compliquées, des arêtiers, et des noues complexes.

Les qualités nécessaires :
Il faut aimer le travail en plein air.
Il faut supporter la chaleur et les intempéries.
Il faut supporter les positions inconfortables, agenouillé pendant plusieurs heures sur une surface pentue.
Il ne faut évidemment pas être sujet au vertige et pouvoir tenir en équilibre à proximité du vide.
Il faut respecter les consignes de sécurité, ne pas prendre de risques inconsidérés.
Il faut être précis, méthodique.


  Le travail de chef d’entreprise vu par Pierre-Yves

On n’est plus à 35 heures de travail par semaine, il faut presque multiplier par 2.
En fait je ne compte plus mon temps.

Je rencontre les clients :
Le client me présente son projet. Je lui propose les différentes solutions et je le conseille pour le choix des techniques et des matériaux.

Je rédige les devis.
J’effectue les métrés et je chiffre le coût du chantier.

Je traite l’approvisionnement en matériaux.
Je rencontre les fournisseurs, je choisis les matériaux en fonction de leur qualité, je négocie les prix.

Je rédige les factures. Par contre, c’est un comptable qui gère la comptabilité de l’entreprise et qui établit les fiches de paye.

Mon secteur d’activité :
Je travaille généralement dans un rayon d’environ 10 km autour de Malguénac. Il m’arrive cependant parfois de prendre des chantiers plus éloignés, sur la cote.

La concurrence :
Il y a beaucoup de travail en couverture. On trouve donc de nombreuses entreprises.
A Malguénac il y a trois artisans couvreurs pour 1800 habitants. Ce sont généralement des petites entreprises qui fonctionnent avec un ou deux ouvriers.
A Pontivy, il y a une très grosse entreprise en couverture qui emploie une cinquantaine de personnes.

Actuellement, l’activité sur les constructions neuves est en forte baisse, crise oblige.
Nous travaillons beaucoup sur des chantiers de rénovation.
La durée de vie d’une toiture est d’environ 100 ans pour les ardoises, 80 ans pour les crochets inox et 40 ans pour les gouttières en zinc.

La publicité ?
J’en fait très peu. J’ai un simple panneau publicitaire à demeure dans la salle multifonction de Malguénac qui me coûte 200€ par an.
Je compte surtout sur le bouche à oreille pour trouver des clients.
Je me fais ma publicité à chaque fois que je pose une ardoise en effectuant un travail propre et soigné.
Un client satisfait est un client qui parlera de moi et qui m’apportera de nouveaux clients.

Les responsabilités :
Il y a une garantie décénale sur le travail réalisé.
Le chantier doit être sécurisé pour éviter les accidents.

Pour s’installer à son compte et créer une entreprise familiale, il faut :

- avoir un CAP

- Avoir exercé pendant 3 ans

- suivre un stage de 3 jours à la chambre des métiers