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Publié : 27 janvier 2011

Mardi 14 décembre

Infirmière libérale

Découverte du monde professionnel

Nous avons reçu Chantal Le Corre, 50 ans, infirmière libérale.

Les élèves l’ont questionnée pour mieux connaître sa profession.

Laissons lui la parole ...

Après la classe de troisième, j’ai préparé un bac D’ en lycée agricole.
Cette filière accordait une place importante aux SVT (biologie, zoologie, phytologie).
Malheureusement j’ai échoué au Bac.
J’ai alors passé un examen de niveau pour pouvoir préparer le concours d’entrée à l’école d’infirmière. J’ai réussi cet examen, ai préparé le concours d’entrée mais sans succès.

Je décide alors de partir travailler comme agent hospitalier au centre Raymond Poincaré de Garches.
Ce fût pour moi une année très enrichissante qui m’a confortée dans ma volonté de devenir infirmière.
Je me suis donc représentée au concours à Paris et cette fois ci, c’est le succès.
Après une formation de 2 ans et demi, je décroche mon diplôme d’infirmière en 1983 et reviens en Bretagne.

Je travaille d’abord comme infirmière de nuit dans le service de cancérologie d’une clinique de Vannes. Cette expérience fût très éprouvante. J’enchaîne ensuite pendant 3 années des contrats de 6 mois dans différentes cliniques de la région, mais cette fois-ci comme infirmière de jour.

En 1986 je m’installe comme infirmière libérale à Melrand.
Nous sommes 5 infirmières associées et nous employons une secrétaire et deux infirmières remplaçantes.
Ma journée de travail commence le matin vers 5h30 - 6 h jusqu’à 14 h.
Je reprends du service à 17 h jusque 20h - 20h30.
Je travaille un week-end sur deux.
Il est donc difficile d’avoir une vie familiale harmonieuse, de s’occuper autant qu’on le voudrait de ses enfants.

Mon travail consiste à faire des prises de sang, des injections, des pansements et des toilettes. Il demande beaucoup d’écoute et de disponibilité.


Le matériel nécessaire à l’exercice de mon métier :
Une voiture et un téléphone portable.
Un appareil pour prendre la tension.
Une mallette de soin et des seringues.
Lorsqu’il y a des pansements à faire, les patients ont eu une ordonnance pour se procurer le nécessaire.
Pour remplir les dossiers et les différents documents administratifs, l’ordinateur est l’outil indispensable. Dans l’organisation de notre cabinet, les infirmières sont libérées de ces tâches administratives fastidieuses puisque nous employons les compétences d’une secrétaire et d’un expert comptable.
Il y a une forte demande en infirmière car il y a de plus en plus de personnes âgées, la population vieillit. Les journées d’hospitalisation sont très onéreuses et lorsque c’est possible on préfère soigner les patients chez eux.
Mes clients sont des particuliers qui doivent recevoir des soins à domicile sur prescription du médecin.
Nous intervenons aussi dans les maisons de retraite.

Le métier est difficile car nous sommes confrontés à la maladie et parfois à la mort.
Nous devons prendre le temps d’écouter les malades, de les rassurer.
Les relations humaines avec les patients sont importantes et nous nous impliquons donc beaucoup. C’est parfois très dur à supporter émotionnellement. Il faut donc parvenir à se protéger, à prendre du recul, à se dire qu’on ne peut pas porter toute la misère du monde.

Le métier d’infirmière demande une grande conscience professionnelle, les responsabilités sont importantes. Une erreur pourrait avoir des conséquences désastreuses pour le patient. En cas de faute professionnelle nous pouvons faire l’objet de poursuites judiciaires.

Le métier demande une bonne résistance physique, il faut être capable de soulever des personnes à mobilité réduite. Heureusement, l’utilisation de plus en plus courante de lits médicalisés nous est une aide précieuse.

C’est un métier très enrichissant où l’on donne beaucoup de soi mais où l’on reçoit beaucoup en retour. Lors d’une réunion entre professionnels de la santé un psychologue m’avait dit : "N’attends pas de merci et tu ne seras jamais déçue !"
Hou ! dur à avaler. Faut-il toujours attendre un merci ?
Quelque soit le métier que l’on choisit, donner le meilleur de soi en allant toujours de l’avant reste pour moi une des grandes valeurs morales de notre existance.

Post-scriptum

Nous remercions Madame Le Corre qui a si bien su nous toucher par son humanisme.