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Publié : 9 octobre 2008

Découverte du monde professionnel

Le métier de coiffeuse

Jeudi 25 septembre 2008

L e jeudi 25 septembre nous avons reçu madame Nathalie Léal.


Nous désirions découvrir son métier : coiffeuse.
Laissons lui la parole.


 Mon parcours personnel

J’ai suivi le collège jusqu’en 3ème et j’ai obtenu le brevet des collèges.
Je ne désirais pas poursuivre les études. Mon seul objectif : devenir coiffeuse, ma passion depuis toute petite et pour moi, la voie de l’apprentissage était la meilleure solution.
Mais je n’ai pas réussi à trouver un patron (maître d’apprentissage) sur la région de Pontivy. Cependant rien ne pouvait me faire renoncer et je me suis exilée à 17 ans dans la région parisienne.
J’ai appris mon métier dans un salon de coiffure de Meaux (77). Le centre de formation des apprentis (CFA) se trouvait à 1h30 du salon. J’ai passé mon CAP en 2 ans.

J’ai commencé à travailler en effectuant des remplacements pendant les vacances.
En 1993 j’ai travaillé 3 mois dans un salon « Évasion 37 » à Tremblay en France.
Ensuite j’ai remplacé un congé de maternité à Aulnay sous bois dans un salon récréatif où je travaillais même le dimanche matin jusqu’à 13 heures.
Puis période creuse. J’ai dû accepter un poste de caissière dans un centre commercial pendant 6 mois.

Je suis alors entrée dans un salon de coiffure "Bernard" implanté dans une galerie commerciale.
Ce salon comptait 14 employés et j’y ai exercé pendant 6 ans. J’ai pu me perfectionner en suivant des stages de coupe, des stages de permanentiste et de technicien du cheveux (étude du cheveux, des couleurs, des shampooings)

Cela fait maintenant 12 ans que je suis revenue à Pontivy et que j’exerce dans le même salon.
Je me suis spécialisée dans la coiffure pour homme (80 % de mon travail).
Mon patron emploie 6 coiffeurs, un apprenti CAP et un apprenti BEP.


 Comment devenir coiffeur ?

Il y a 2 possibilités :

Formation de 2 ans en apprentissage après la classe de 3ème
Il faut d’abord trouver un patron. C’est le patron qui inscrira l’apprenti au centre de formation des apprentis (CFA). La formation se déroulera en alternance : une semaine de cours au centre de formation et 3 semaines dans le salon du patron. C’est l’apprenti qui doit acheter son outillage de coiffeur : ciseaux, brosses, rouleaux à permanente,  sèche-cheveux ... (pas de tondeuse), ce qui représente une dépense estimée entre 450 et 600 €.
Au début de l’apprentissage on fait beaucoup de shampooings. La technique de massage du cuir chevelu n’est pas simple et il faut 2 mois pour bien la maîtriser. Pendant cette période il faut surveiller les problèmes d’allergie et ne pas se ronger les ongles car les produits utilisés sont acides et peuvent provoquer des brûlures.
Dès la fin de la première année, l’apprenti aura la possibilité de coiffer des gens au CFA sous la surveillance d’un professeur. Le client volontaire n’a que les produits utilisés à payer.
Les matières enseignées en centre de formation des apprentis sont le français, les mathématiques, la chimie, le dessin, la législation du travail, la technologie et le sport. Le dessin est une discipline importante, il faut avoir un bon coup de crayon, avoir un poignet souple, élégant.

L’apprenti reçoit une rénumération de son patron :
de 16 à 18 ans : 25% du SMIC la première année puis 37%
de 18 à 21 ans : 41% du SMIC la première année puis 49%

A l’issue de ses 2 années de formation l’apprenti passe son CAP de coiffeur.
Au programme de l’examen des épreuves théoriques et une coupe aux ciseaux.

Formation dans une école privée. (il y en a une à Vannes)
Ces écoles permettent également de préparer le CAP en 2 ans.
Mais c’est cher, il faut compter 2000 à 3500 € par an.
De plus l’entrée dans ces écoles est très sélective. Il faut avoir un bon dossier scolaire.
L’élève doit faire régulièrement des stages dans un salon de coiffure.

Après le CAP ?
Si on désire ouvrir son propre salon de coiffure ou prendre un salon en gérance il faut continuer 2 ans après le CAP pour obtenir un BEP. Dans la plupart des pays on peut être patron avec un CAP, mais pas en France.
Par contre pour être coiffeur à domicile à son compte, le BEP n’est pas nécessaire.

La préparation du BEP en apprentissage est possible mais c’est très difficile de trouver un patron. En effet la rénumération de l’apprenti est plus importante et le patron bénéficie de moins d’aides. Il préfère donc prendre des apprentis en CAP.

2 ans après le CAP on peut également passer un brevet de maîtrise (BM) qui nous donne la possibilité d’enseigner la coiffure.

"L’éclaireur des coiffeurs" est un hebdomadaire qui donne une foule de renseignements sur le milieu de la coiffure et qui permet de passer des petites annonces.

Dans le milieu de la coiffure il existe des chaînes de salons comme Jean-Louis David, Jacques Dessange ou Saint Algue. Chacun a développé ses propres techniques de coupe, son style personnel.


 Le métier de coiffeur

Importance de l’accueil du client : Il faut le mettre à l’aise et établir un dialogue pour bien comprendre ce qu’il désire. Il faut savoir écouter (le client), voir (son visage, son style) et toucher (son cheveu). Il faut être capable de le conseiller, de l’orienter.

C’est un métier très valorisant car on peut s’exprimer, on crée quelque chose... c’est de l’art. Un travail de coiffure bien réussi va permettre au client d’être bien dans sa peau, d’être épanoui.
Les relations humaines avec le client sont très intenses. Lorsque le client est à l’aise et détendu nous recueillons ses confidences, nous entrons dans son intimité. Nous devons alors jouer ce rôle de confident, de psychologue. Mais attention à notre devoir de discrétion : il faut être capable de tout entendre et de ne rien répéter.

Si le client désire faire une couleur, il est important de faire une touche d’essai sur le bras pour s’assurer qu’il n’y a pas de réaction allergique qui pourrait avoir des conséquences graves comme l’oedème de quincke.
C’est très rare mais il peut arriver qu’on coupe légèrement un client. Il faut alors bien désinfecter son matériel de coiffure.

Pour être coiffeur il faut supporter la station debout prolongée qui peut engendrer des problèmes de circulation sanguine dans les jambes, des varices, des sensations de jambes lourdes surtout quand il fait chaud. Il est possible de travailler assis sur un siège à roulettes mais moi ça ne me convient pas, je suis moins à l’aise.
Pendant les coupes, maintenir ses bras en l’air sans appui et de façon prolongée, c’est très fatigant et ça peut occasionner des tendinites (bras et poignets).
Faire de nombreux shampooings génère des problèmes de dos (position courbée) et comme on a toujours les mains dans l’eau il faut penser à réhydrater sa peau avec des crèmes.
Comme on manipule de nombreux produits, il est préférable de ne pas avoir de grosses allergies.

Mais pour moi le plus gros problème du métier de coiffeur, c’est le cheveu. En effet, c’est fin, c’est petit, ça s’infiltre partout, on en ramène à la maison, impossible de s’en débarrasser. Des petits morceaux de cheveu peuvent se planter dans la peau et rester accrochés jusqu’à provoquer une infection.

Un autre inconvénient : une fois rentré à la maison, le métier n’est pas fini parce qu’on est sollicité par la famille, les amis... Alors je me suis fixé une règle : c’est non, sauf bien sur pour mes enfants et mon mari.

Les horaires de travail
L’horaire légal est de 35 heures de travail. Deux jours de repos par semaine : le dimanche et en général le lundi. Cas particulier de notre salon, ce n’est pas le lundi mais le mardi.
Moi je ne travaille que 27 heures par semaine. J’ai négocié un aménagement de mes horaires pour pouvoir m’occuper de mes enfants et je ne travaille pas le mercredi après-midi.

Nous avons le droit à 5 semaines de congés par an. C’est le patron qui peut imposer le date de la 5ème semaine en fonction des contraintes de service. En général il est possible de prendre 2 semaines consécutives l’été. Mais il faut tenir compte des périodes de forte activité. Les mois les plus chargés sont les mois de mai, d’août et de décembre. Énormément de clients à Noël et à Pâques.

Les salaires
Pour une qualification CAP, on démarre au SMIC.
Avec un BEP on peut espérer un salaire de 1300 € net au maximum.
Il est possible dans certains salons de négocier un salaire constitué d’un fixe mensuel + un pourcentage sur le chiffre d’affaire + un pourcentage sur les ventes de produits.

Dans la coiffure, ce qui rapporte, ce ne sont pas les coupes mais les couleurs, les mèches, les permanentes.
Si on est coiffeur à domicile, il faut s’installer à son compte car travailler pour un patron n’est pas intéressant. En effet on est alors payé sur la base d’un fixe et d’un pourcentage sur le travail effectué. Il est possible de passer beaucoup de temps dans les déplacements et pendant ce temps là on ne travaille pas donc pas de chiffre d’affaire.


 Les évolutions du métier

Les outils du coiffeur évoluent et profitent des progrès techniques.
Les tondeuses à main ont été remplacées par des tondeuses électriques de plus en plus efficaces mais qui restent assez lourdes.
Nous n’utilisons plus de rasoirs à affûter mais des rasoirs à lame interchangeables.
Les sèche-cheveux sont maintenant très puissants et performants.


Depuis 10 ans il existe des ciseaux pour gaucher. Les ciseaux sont maintenant équipés d’un ergot pour reposer le petit doigt. Les ciseaux de coiffeur sont des outils dont il faut prendre grand soin pour qu’ils coupent parfaitement sans arracher le cheveu. Leur durée de vie est limitée et après 2 affûtages il faut les changer. Les meilleurs sont japonais mais ils coûtent chers.
Nous utilisons aussi des lisseurs et des fers à boucler.


Il faut suivre l’évolution, les modes, être à l’écoute des nouvelles techniques...

Nous ressentons directement les effets du contexte économique de la société. Le coiffeur, ce n’est pas bon marché car nous utilisons des produits onéreux. En période de baisse du pouvoir d’achat les gens réduisent leurs dépenses de coiffure. Parfois ils s’équipent en tondeuses et se débrouillent tout seul.

Que deviennent les cheveux coupés ?
Les longs cheveux sont gardés pour la fabrication de perruques. Les cheveux blancs sont les plus appréciés car il sont faciles à teindre.
Les petits cheveux sont récupérés par les cultivateurs car dans les champs de carottes ils éloignent les lapins.


 Remerciements

Un grand merci à Nathalie Léal qui nous a montré les dessins qu’elle a réalisés pendant son apprentissage, dessins de visage et de chevelure. Elle a également apporté ses outils de coiffure pour nous les décrire.
Elle a su nous captiver en nous racontant avec passion le métier qu’elle a choisi.
C’est la passion d’une femme pour son métier, un métier qu’elle a toujours voulu exercer et pour lequel elle a dû affirmer toute sa volonté, sa détermination, un métier qui lui a permis de s’épanouir.