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Publié : 3 novembre 2008

Découverte du monde professionnel

Le métier d’esthéticienne

Jeudi 23 octobre

L e jeudi 23 octobre nous avons reçu madamoiselle Carole Leconte


Carole a 20 ans. Elle est esthéticienne.
Elle a très gentiment répondu a notre invitation pour nous faire découvrir son métier
Laissons lui la parole.
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 Mon parcours scolaire

A la fin de la classe de troisième mes résultats ne me permettaient pas d’intégrer une classe de seconde en lycée général.
J’ai donc opté pour un BEP comptabilité, sans grande conviction mais en pensant que ça pourrait toujours m’être utile.
Une fois ce BEP en poche, j’ai pu envisager le métier qui m’intéressait vraiment : esthéticienne.


 La formation en apprentissage

Difficile de faire une formation d’esthéticienne en apprentissage, à la sortie du collège, lorsqu’on a 15 ans car les rapports avec les clientes peuvent être délicats. C’est pourquoi j’ai préféré attendre 17 ans en préparant un BEP comptabilité.
Il existe des écoles privées d’esthéticienne comme l’école Scotto Di Césare à Vannes. Mais les frais de scolarité sont très élevés.
J’ai trouvé un maître d’apprentissage à Pontivy pour préparer un CAP d’esthéticienne en deux ans..
Le centre de formation des apprentis (CFA) se trouve à Brest et il dispose d’un internat.
Le rythme est de 3 semaines de travail chez son patron et une semaine au CFA.
C’est à nous d’acheter les ustensiles pour les soins du visage, le maquillage, l’épilation, la manucure... ce qui représente une dépense importante de l’ordre de 1000€. J’ai pu obtenir une aide du conseil général de 200€.
Heureusement, pendant les deux années de formation nous sommes payés un certain pourcentage du SMIC. Mais attention à l’assiduité : si pour une raison quelconque on « sèche » un cours, le patron est prévenu et cela peut entraîner une retenue sur salaire.

Au CFA, étant donné que j’étais titulaire d’un BEP comptabilité, j’étais dispensée de certaines matières (maths, français, histoire-géo et sport). Il me restait la physique - chimie, la biologie, la législation du travail, l’anglais et bien sûr la technique.

A l’examen du CAP il y a 3 heures trente d’épreuves pratiques : soin du visage, épilation, beauté des mains, beauté des pieds et un oral de vente. Cette dernière épreuve est redoutée, il s’agit pendant 20 minutes de montrer à un jury nos aptitudes à vendre des produits, des services, des soins.

Après mon CAP, j’ai poursuivi ma formation en BEP toujours par apprentissage. Mais je n’ai effectué qu’une seule année qui a été validée.
Je ne voyais pas l’intérêt de poursuivre ma formation plus loin.
Cela fait maintenant 4 mois que je suis sur le marché du travail et trouver un emploi s’avère très difficile.
En attendant j’ai accepté un contrat à durée déterminée (CDD) de serveuse dans un bar.

Il existe un BTS d’esthéticienne en 2 ans après le BAC. Après une première année très intensive, les élèves passent le CAP. La formation est très poussée en physique chimie. Les titulaires du BTS travaillent rarement en institut d’esthétique car les patrons rechignent à les payer. Ils travaillent de préférence dans les laboratoires des fabricants de produits cosmétiques.

Actuellement pour ouvrir son propre salon d’esthétique, le CAP suffit. Mais il faut trouver les financements !


 Le métier d’esthéticienne

Il faut avoir des qualités humaines, être sociable, avoir un contact facile car on peut rester seule avec sa cliente pendant une heure en cabine de soin.
Il faut rester debout toute la journée et le dos est très sollicité car pendant les séances de massage ou d’épilation on est courbé.
Au début, il faut s’habituer au corps des clientes, il faut régler nos problèmes de pudeur, cela se fait progressivement. Parfois il faut surmonter des réactions de dégoûts lorsque certaines clientes ont des problèmes de peau comme des mycoses ou de l’eczéma. Il peut même arriver d’avoir des clientes crasseuses auquel cas on les invite diplomatiquement à prendre une douche pour se détendre.

Les salons d’esthétique proposent soins du visage, soins du corps (massage - modelage), épilations, soins des mains (manucure - faux ongles), soins des pieds et également suivant les équipements : bronzage UV (il faut une formation de 8 heures et un agrément), sauna, hammam...

Les techniques évoluent, de nouveaux produits apparaissent régulièrement et il est utile de suivre régulièrement des stages de formation organisés par les fournisseurs.

A Pontivy il y a 6 instituts d’esthétique. En général un salon emploie 2 ou 3 esthéticiennes et 2 à 3 apprenties qui tournent. Les apprenties sont une main d’oeuvre appréciée car elles ne coûtent pas très cher au patron qui perçoit des aides. Lorsque le contrat d’apprentissage est terminé, le patron préfère prendre une nouvelle apprentie que d’embaucher.
On emploie également des esthéticiennes dans certains grands hôtels, dans les centres de thalassothérapie, dans certains clubs de vacances, sur certains bateaux de croisière. C’est souvent pour une clientèle haut de gamme. Les places sont rares et il s’agit la plupart du temps d’emplois saisonniers en CDD.

Le marché du travail est complètement saturé. Le CFA de Brest forme à lui seul 400 esthéticiennes par an (200 CAP et 200 BEP).
Dans ces conditions les patrons sont en position de force. Les salaires sont bas (niveau du smic). Après 15 ans d’ancienneté on ne gagne que 150€ de plus que le smic. Le métier est stressant, il faut se battre tous les jours pour garder sa place, il faut toujours montrer sa motivation, sa bonne volonté. Le salon est ouvert de 9h à 12h et de 14h à 19h. Mais il faut être présent 1/2 heure avant et rester 1/2 heure après la fermeture gratuitement. La concurrence est rude car de nombreuses esthéticiennes frappent à la porte, cherchent du travail.

C’est un métier où il est difficile de vieillir, il faut donner une image de beauté, de jeunesse car c’est ce qu’on est sensé vendre à nos clients. Pour trouver du travail il sera donc préférable d’être jolie et mince quelque soient nos qualités professionnelles.


 Les clients

Les clients sont essentiellement des clientes.
Ce sont des femmes qui attachent beaucoup d’importance à leur apparence et à leur bien être.
Ce sont aussi des femmes qui ont un pouvoir d’achat conséquent.
Quelques exemples de prix :

- Modelage du corps (massage) 60€
- Soin du visage 40€ (suivant les produits utilisés)
- Épilation complète (jambes, maillot, aisselles) 45€
- Manucure 25€
- Faux ongles 90€
- 10 séances UV 65€

Il nous arrive parfois d’avoir des clients hommes. Il s’agit généralement des maris de nos clientes.
Lorsqu’un inconnu arrive nous sommes très vigilantes. Parfois des hommes en mal d’affection se méprennent sur nos prestations et certaines situations sont alors bien dangereuses... Nous devons être sur nos gardes.


 Et les kinés ?

Les relations ne sont pas simples entre les esthéticiennes et les kinésithérapeutes qui proposent des massages du dos relaxant sans parler des dermatologues qui font des soins de la peau.
Les esthéticiennes doivent se contenter de faire ce que ne font ni les kinésithérapeutes ni les dermatologues.
Par exemple le terme de massage réservé au kiné. Les esthéticiennes doivent parler de modelage même si ça veut dire exactement la même chose.


Tout n’est donc pas rose dans la profession d’esthéticienne. C’est pourtant un métier que j’aime et j’espère parvenir à y faire ma place.
Si ce n’est pas possible je pense déjà à une reconversion que pourrait me proposer l’ANPE comme assistante maternelle...


 Remerciements

Un grand merci à Carole pour sa gentillesse et sa spontanéité.
Nous lui souhaitons bon courage en espérant qu’elle parviendra à se faire une place dans le monde de l’esthétique.