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Publié : 10 décembre 2008

Jeudi 27 novembre

Visite de l’imprimerie Le Nohéh

Découverte du monde professionnel


Jeudi 27 novembre, 10 heures, les élèves de l’option découverte du monde professionnel sont de nouveau prêts à quitter le collège.
Objectif : découvrir l’univers de l’imprimerie. Nous sommes attendus par monsieur Le Nohéh, dans son imprimerie située rue du Caire à Pontivy.

En 1996, Marc Le Nohéh a repris les rennes de l’entreprise crée en 1975 par son père André et un associé.
Monsieur Le Nohéh se définit comme un artisan imprimeur.
Il effectue du travail à façon.

Ses clients sont les agences de publicité, les industriels de l’agro-alimentaire, les collectivités, les associations.... mais aussi les particuliers. En général les tirages sont d’environ 5000 à 10000 exemplaires mais il est possible de faire des tirages beaucoup plus limités et inversement des tirages très importants.



 Visite de l’entreprise


Nous commençons la visite par la zone impression

La machine principale de l’atelier d’imprimerie est une presse Offset.
Sur cette machine la feuille de papier va passer successivement sur 4 rouleaux encreurs. Chaque rouleau dépose sur la feuille une couleur différente, les 3 couleurs primaires (cyan, magenta, jaune) et le noir qui est une couleur d’accompagnement pour un meilleur relief et un meilleur contraste.
Pour obtenir un document il faut donc l’imprimer 4 fois, avec 4  couleurs différentes et c’est la superposition des 4 impressions qui va donner  l’aspect final du document.



Le principe de l’impression :
On utilise une matrice qui est une plaque d’aluminium sur laquelle sont présensibilisées les zones qui doivent être imprimées.
Cette matrice est fixée sur un tambour et elle va recevoir de l’eau et de l’encre. L’encre ne se dépose que sur les zones présensibilisées.
Ce tambour tourne et entraîne un second tambour en caoutchouc qui va recevoir l’encre déposée sur la matrice. C’est le tambour encreur.
La feuille est imprimée en passant entre le rouleau encreur et un rouleau presseur.
Remarque : sur la matrice le document est à l’endroit, sur le rouleau encreur il est à l’envers et il revient donc à l’endroit sur la feuille de papier.



Au lancement d’une fabrication, les premiers documents imprimés sont observés sur le pupitre de contrôle. L’opérateur mesure l’épaisseur de la couche d’encre, la densité des couleurs. Il utilise un appareil appelé densitomètre. A partir du pupitre il peut modifier les réglages de la presse offset. La fabrication n’est lancée que lorsque les réglages de densité pour chaque couleur et les réglages de la vitesse de rotation des rouleaux donnent un résultat irréprochable.

Il faut 5 à 15 minutes pour caler les réglages de la machine ce qui utilise en moyenne 500 feuilles qui partiront au rebut.
Ensuite le rythme d’impression de la presse offset est de 8000 à 13000 feuilles par heure.
Pour aider au séchage des encres, un film de poudre de maïs est injecté entre chaque feuille.

La presse offset est impressionnante de technicité. Les matrices sont calées avec une précision du micron. Le coût d’une telle machine avoisine les 700 000 euros.



La zone de préparation du papier

L’entreprise possède peu de stock papier. En effet, du stock c’est cher et ça prend de la place. Lorsqu’un travail d’impression est enregistré pour un client, la commande papier est immédiatement transmise au fournisseur. Si le fournisseur reçoit la commande avant 18 heures, le papier est livré entre 6 et 7 heures le lendemain matin.
C’est un fonctionnement que l’on appelle en flux tendu.
Cependant, pour les très grosses commandes, on s’y prend un peu plus tôt.

Avant d’être imprimé le papier doit se reposer quelques heures. Il ne doit pas subir de choc thermique et ne pas être humide. L’atelier est donc chauffé en permanence. La température ne doit pas descendre en dessous de 15 °C. Inversement, en été, il ne doit pas faire plus de 28°C, il faut donc prévoir une climatisation.

L’entreprise utilise entre 15 et 20 tonnes de papier par mois.
Ce papier est livré aux formats bruts européens, en général 32 × 45 ou 45 × 64 cm en paquets de 250 ou 500 feuilles ou encore en bloc palette suivant le grammage.

Lors d’une fabrication il y a environ 30% du papier initial qui partira à la poubelle (feuilles d’essai, de réglage, découpe au massicot ...). Heureusement ce papier est récupéré et recyclé.



La zone de finition

Le massicot
Les feuilles imprimées sont découpées pour enlever les marges de réglage. On utilise un massicot capable de couper jusqu’à 12 cm d’épaisseur. La lame est extrêmement résistante. Sa durée de vie est de 3 à 4 ans. Elle doit être affûtée tous les 15 jours.
C’est une machine à commande numérique. Une protection par cellule électromagnétique empêche la machine de fonctionner si les mains de l’opérateur sont dans la zone dangereuse.



L’assembleuse piqueuse
Elle permet de réaliser des livrets.
On place les différentes feuilles dans les compartiments des tours. La machine réalise automatiquement l’assemblage, l’agrafage, le pliage des feuilles et la coupe de finition. A la sortie de la machine, un opérateur effectue le conditionnement et la mise en carton.
Il s’agit là encore d’une machine à commande assistée par ordinateur. C’est à l’opérateur d’ effectuer les paramètrages. La machine est capable de fonctionner au rythme de 50000 exemplaires à l’heure.



La plieuse
Il s’agit d’une machine imposante qui met en forme automatiquement les dépliants publicitaires.





 Avant d’imprimer

Le travail de conception et de composition des documents à imprimer se fait sur ordinateur à l’aide de logiciels de P.A.O (publication assistée par ordinateur). On utilise généralement des machines Apple car ces ordinateurs sont spécialisés dans les arts graphiques, la mise en page et le traitement des effets graphiques.
Cette phase de préparation des fichiers est généralement sous-traitée chez des prestataires spécialistes. Souvent les clients fournissent leurs propres fichiers informatiques.
Ces fichiers peuvent aisément être transmis par courrier électronique. On utilise le format pdf qui préserve les caractéristiques d’origine du travail.

La seconde phase consiste à fabriquer les matrices, plaques d’aluminium présensibilisées (quatre par document). Là encore le travail est sous traité chez un prestataire extérieur. Cette méthode est très réactive puisqu’un fichier envoyé le soir est traité pendant la nuit. Les plaques sont livrées le lendemain matin par coursier.

Alors peut commencer le travail d’imprimerie.




 L’entreprise Le Nohéh

L’entreprise emploie 11 personnes :

- 3 commerciaux.
Ils visitent les clients, les aident à finaliser leurs projets et établissent un devis.
- Une secrétaire
- Un opérateur P.A.O.
Il valide les fichiers et gère leur transfert. Il est également capable de réaliser la conception et la création d’un document.
- 4 conducteurs de ligne offset.
Ils forment 2 équipes. L’une travaille le matin de 5h à 12h,
l’autre l’après midi de 12h à 19h.


Les employés dépendent des conventions collectives des métiers du livre.
C’est un statut intéressant en terme d’avantages salariaux.


Comment devenir conducteur de ligne offset ?
Il existe des écoles d’imprimerie qui prépare au BEP-Bac pro et au BTS. C’est le cas du lycée professionnel Saint Michel Priziac Langonnet et du lycée Coëtlogon de Rennes. L’autre possibilité est de suivre une formation en apprentissage par le CFA de Nantes. La formation est alors beaucoup plus concrète ce qui est apprécié des employeurs.
Le métier de conducteur de ligne offset est très pointu car la machine est complexe.
Il faut une grande expérience et beaucoup de doigté pour bien la maîtriser. Il faut compter environ 6 années d’ancienneté pour être performant et autonome.


L’entreprise réalise un chiffre d’affaire de l’ordre de un million d’euros. Son activité est très sensible à la santé de l’économie car en période de crise c’est le budget communication des entreprises clientes qui est le premier à être réduit.