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Publié : 3 octobre 2009

Mardi 29 septembre

Une interview exclusive de Mme Mauvoisin

A la découverte du métier d’enseignant

Cette année la classe "option découverte du monde professionnel" est constituée de 17 élèves de 3ème. Ces élèves ont manifesté le désir de mieux connaître le métier d’enseignant. Nous restait à trouver un professeur qui accepte de nous raconter son expérience professionnelle et la façon dont il vivait son métier.
C’est madame Mauvoisin, professeur d’histoire géographie, qui a eu la gentillesse de se prêter au jeu.
Bien entendu, son témoignage n’est qu’un éclairage sur le métier d’enseignant qui peut revêtir bien des aspects différents suivant les conditions dans lesquelles il est exercé et les élèves auxquels il s’adresse.

Mais laissons lui la parole :

Comment je suis devenue enseignante

Je passe le bac C (scientifique) au lycée Brocéliande de Coetquidan à Guer en 1993.

Ensuite je poursuis mes études à la fac d’histoire de Rennes.
En quatre années, je passe successivement un DEUG, une licence et une maîtrise.

Puis je prépare et tente le CAPES d’histoire-géographie (Certificat d’Aptitude au Professorat de l’Enseignement du Second degré). C’est un concours qui permet d’accéder à la profession d’enseignant. Je suis reçue mais il ne s’agit là que de la partie théorique. En effet, l’année suivante je reçois une formation pédagogique à l’IUFM (Institut Universitaire de Formation des Maîtres) de Vannes et j’ai aussi une classe de seconde en responsabilité au lycée d’Hennebont.
En fin d’année, je suis titularisée (6 ans après avoir passé le bac).

Mais les nouveaux enseignants ne peuvent pas toujours rester dans leur académie d’origine. Ils sont nommés prioritairement dans des académies où il manque de nombreux professeurs, les académies déficitaires. On participe à un mouvement national. Or la Bretagne est une académie très difficile à obtenir car déjà saturée.
C’est comme cela que je débarque dans les Ardennes, à Charleville-Mézières.
J’enseigne pendant 5 années dans un lycée et en garde d’excellents souvenirs.
Mais je ne peux résister à l’appel de ma Bretagne et réussis enfin à obtenir un mutation pour rentrer au pays.

En Bretagne oui, mais en tant que TZR (Titulaire sur Zone de Remplacement) . Cela signifie que je ne suis pas titulaire d’un poste, mais d’une zone géographique. Je peux être appelée à tout moment dans un collège ou un lycée de la zone Lorient - Baud - Locminé - Pontivy pour remplacer un collègue en congé maladie par exemple. Il m’est aussi arrivé de "sortir" de cette zone pour faire un remplacement.

Depuis 5 ans déjà j’attends d’être nommée sur un poste fixe. Il faut être très patient.


Le travail d’enseignant

Il y a évidemment les heures de cours (18 heures par semaine plus éventuellement une à deux heures supplémentaires).
Et il faut les préparer ces cours ! Et je reconnais y passer beaucoup de temps (ce qui est le cas de nombreux professeurs). Les programmes changent régulièrement, les connaissances évoluent, dans ma discipline il faut tenir compte de l’actualité, rien n’est jamais définitivement acquis...
Il faut adapter notre pédagogie aux élèves et aux classes qui nous sont attribuées. Souvent je remodèle mes préparations et mes méthodes pour intéresser mes élèves. Bref, c’est quasiment un travail à plein temps, on cherche constamment ce qu’on pourrait faire de plus, de mieux pour nos élèves. D’ailleurs, pendant les vacances scolaires, il est indispensable de consacrer du temps à la préparation de cours.
Et puis il y a les corrections. A titre d’exemple, l’année dernière j’ai travaillé au lycée d’Auray. J’avais 3 classes de terminales et 2 classes de secondes. Pour corriger un paquet de copies de terminale j’avais en moyenne 7 heures de travail. Avoir des élèves qui préparent un examen (DNB ou bac) est évidemment une responsabilité supplémentaire qui nous met la pression.

Alors notre charge de travail : difficile à estimer mais c’est plus de 40 heures par semaine.
Et il faut ajouter les temps de réunions (de plus en plus nombreuses) : coordinations disciplinaires, interdisciplinaires, rencontre avec les parents, conseils de classe, conseils de profs...
Et bien sûr pour certains d’entre nous la charge de professeur principal.

Le métier d’enseignant est très exigeant, il faut toujours être au top de sa forme pour transmettre, pour intéresser, pour convaincre, pour donner envie... Nous devons gérer des problèmes d’indiscipline, notamment au collège. Nous avons tous des élèves difficiles qui nous "pompent" notre énergie car nous mettons tout en oeuvre pour leur permettre de réussir.
Ce métier est épuisant.

Et pourtant ...
Et pourtant j’aime ce métier, il est passionnant.
J’aime être au contact des jeunes, j’aime échanger, j’aime transmettre.
Ce métier me permet de m’enrichir, de m’épanouir.
L’enseignement est pour moi une vocation. Toute petite déjà je voulais être maîtresse d’école.

Mais je pense que je ne serai pas enseignante toute ma vie.
Nous avons la possibilité de passer des concours pour devenir chef d’établissement ou encore documentaliste...


Post-scriptum

Un grand merci à Manuella Mauvoisin pour son témoignage qui a captivé son auditoire.